Aujourd’hui, le plan de sauvetage de l’hôpital qui vient d’être mis en place veut remettre les priorités dans le bon ordre. D’abord la proximité et la prévention, ensuite seulement l’hôpital et d’abord l’hôpital de proximité. Les Filles de la Charité ont toujours procédé ainsi.

Religieuse de l'ordre des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul soignant une femme en 1946
Religieuse de l'ordre des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul soignant une femme en 1946 © Getty / David E. Scherman

Aujourd’hui, un mouvement s’est levé dans la société qui veut faire penser que les pauvres sont responsables de ce qui leur arrive. Il y a une génération, l’Assemblée Nationale votait le RMI à la quasi-unanimité. Trente ans plus tard, la complexité des mécanismes de redistribution paraît telle que beaucoup ont l’impression de donner pour rien, de donner sans recevoir, de ne rien recevoir du tout alors qu’ils sont dans le besoin. Au XVIIème siècle, Vincent de Paul et Louise de Marillac pensaient au contraire que les riches étaient responsables des pauvres. Fondant les Filles de la Charité, tous deux leur disaient : « Quand vous vous mettez au service des pauvres, vous êtes en présence du Christ. »

Aujourd’hui, le plan de sauvetage de l’hôpital qui vient d’être mis en place veut remettre les priorités dans le bon ordre. D’abord la proximité et la prévention, ensuite seulement l’hôpital et d’abord l’hôpital de proximité. Les Filles de la Charité ont toujours procédé ainsi. Tant de Filles à l’hôpital mais, en premier, tant de Filles en paroisse. Elles ont commencé par la rue dont elles disent que c’est leur cloître. À l’hôpital, leur pratique a évolué du compassionnel, on pourrait même dire en langage moderne, du care, au professionnel. Elles ont passé sans barguigner les examens d’infirmière quand ils sont devenus nécessaires. D’ailleurs, les infirmières et les infirmiers du XXIème siècle leur en veulent un peu : si le public attend d’eux un dévouement sacrificiel, c’est que le modèle des religieuses n’a cessé d’envelopper leur métier. Lors de la grande grève de 1988, un slogan résonnait haut et fort : « Les cornettes, c’est fini. »

C’est vrai, depuis 1964. Mais, cornette ou pas, rien n’a réussi à rendre les Filles de la Charité impopulaires. 

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