Charles le Téméraire duc de Bourgogne sur son trône entouré de ses barons et conseillers - Chroniques abrégées de Bourgogne
Charles le Téméraire duc de Bourgogne sur son trône entouré de ses barons et conseillers - Chroniques abrégées de Bourgogne © cc / Internet Archive Book Images
La Bourgogne était, comment dire, un complexe multiterritorial. Avec, entre France et Empire, un pôle au Sud : Besançon et Dole, Dijon et Chalon. Et un pôle au Nord : Lille et Arras, Anvers, Bruges, Malines, Bruxelles… La famille du duc allait de l’un à l’autre, avec l’obligation de naitre et de se faire enterrer au Sud. Il n’y a guère que Charles le Téméraire, le dernier duc, celui de la fuite en avant, à avoir prétendu souder les deux pôles et imaginé leur donner une capitale fixe, à mi-chemin des deux, qui aurait été Nancy, au pied de laquelle il trouva la mort en 1477. Les ducs avaient trop longtemps été tournés vers la France pour que leurs sujets des terres du Nord n’en soient pas restés froissés. D’un espace aux identités si différentes voire contradictoires, il était de toute façon bien difficile de faire un corps politique qui aurait pu s’unir à un souverain. L’étonnante trajectoire des grands ducs d’Occident a, en outre, été trop courte pour forger autour d’eux des fidélités inoxydables. Leurs serviteurs ont cependant construit les structures d’un état et un état peut s’établir sans nation. Mais avaient-ils le sentiment de construire un état ? Charles le Téméraire était un peu seul dans son rêve de ceindre une couronne royale. Sa conduite à marches forcées effrayait ceux qui l’entouraient par son manque de sagesse. Dans les dernières années décisives, Il a manqué à la Bourgogne non seulement la continuité territoriale mais le sens du temps et peut-être une conception de la Chose publique qui ne bascule pas dans le pouvoir absolu et qui aurait pu la rendre plus désirable que la monarchie française.
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