À la veille des législatives décisives de 1978, Claude François meurt, boulevard Exelmans, électrocuté dans sa salle de bains. Et Libération publie en Une : "A volté".

Claude François le 16 décembre 1974  lors d'un gala pour l'association Perce neige
Claude François le 16 décembre 1974 lors d'un gala pour l'association Perce neige © AFP / AFP

Le rapprochement de Valéry Giscard d’Estaing et de Claude François est-il si incongru ? Le chanteur a été l’invité du président au Noël des enfants de l’Élysée en 1975. À ce moment, à dire vrai comique, en a succédé un autre, tragique. À la veille des législatives décisives de 1978, et alors que Giscard a menacé , si sa majorité n’est pas reconduite, de quitter Paris pour se retirer au château de Rambouillet, Claude François meurt, boulevard Exelmans, électrocuté dans sa salle de bains. À 39 ans.

Mais au-delà du contingent, si l’époque Claude François coïncide avec celle de Giscard, c’est pour des raisons qui tiennent à la maîtrise des techniques. À l’époque, la variété française couche encore dans des draps de satin ; elle vit sur un haut niveau d’adhésion, vend beaucoup. Comme le giscardisme, elle sait se tenir au centre de compétences diverses. Il y a le studio avec ses arrangeurs qui connaissent les avancées techniques d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. Il y a la scène avec ses musiciens, ses éclairages : quand on pense que, pendant la campagne présidentielle de 1965, on avait encore du mal à plonger une grande salle dans le noir et à y promener des faisceaux de lumière ! Il y a le plateau de télévision : Cloclo, comme Valéry, pouvait s’y montrer décontracté parce qu’il avait tout prévu précisément.

Le président, en mars 1978, s’apprêtait à engranger un succès inespéré ; « Libération » titrait à propos du chanteur qui disparaissait : « A volté ». « Libé » aimait les sports populaires et les chanteurs engagés, pas les chanteurs populaires…Tant d’années après, le journal, s’il est toujours heureusement vivant, a perdu de son aura. Giscard parle avec parcimonie, de peur de ne plus être entendu. Claude François reste écouté. Récompense sans doute d’un travail professionnel qui a été fait exactement et repris et approfondi. Sans que cela se voie…

Programmation musicale :

"Le mal-aimé", de Claude François (1974)

"Nicolas François Dupont", de Claude François (1976)

"Beggin' ", de Frankie Valli and the 4 seasons (1967)

"Reste", de Claude François (1968)

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