L’histoire du rock à Nantes, c’est une affaire de sédimentation. Il ne s’agit pas de croire que « tout le monde, il est copain ». Mais un écosystème s’est constitué depuis longtemps où chaque musicien peut espérer trouver assez sa place dans une histoire longue, son complément dans un dispositif...

Exposition "Rock ! Une histoire nantaise"
Exposition "Rock ! Une histoire nantaise" © David Gallard/LVAN

On peut faire une histoire du rock qui, tour à tour, jouerait sur les exclusions et les intégrations : à tel moment, tel courant en sortirait ; à tel autre, il y retrouverait une place. Ce serait une histoire esthétique.

On peut faire une histoire du rock qui serait d’abord sociale. C’est d’ailleurs avec cette intention que le rock a mis un pied dans la porte de l’Université qui lui est longtemps restée fermée.

Mais il y a aussi un biais bon enfant qui est, tout simplement, de « localiser » l’histoire du rock. La Bretagne est pour cela un terrain de choix. Brest est la ville de France la plus proche des Etats-Unis. Saint-Malo s’approvisionnait déjà en Angleterre au temps où Pierre Bouteiller adolescent y écoutait du jazz. Rennes a été le fief de Marquis de Sade. A la campagne, la Mèche bleue a brûlé, discrètement, dans un coin reculé des Côtes d’Armor. Chacun de ces lieux, chacune de ces scènes, même celle de Rennes, a eu une histoire en dents de scie. Nantes, en revanche, s’enorgueillit d’une durée qui lui serait propre.

L’histoire du rock à Nantes, c’est une affaire de sédimentation. Il ne s’agit pas de croire que «  tout le monde, il est copain ». Mais un écosystème s’est constitué depuis longtemps où chaque musicien peut espérer trouver assez sa place dans une histoire longue, son complément dans un dispositif, avec des procédures d’accompagnement, des lieux de toute taille où se produire, des structures d’enregistrement et tout un dispositif échelonné.

L’histoire du rock à Nantes, c’est enfin une série d’adoptions. La ville fait fonction de pompe aspirante pour des ruraux qui y ont été labellisés « citadins ». Et ceux qui l’ont quittée ne sont pas gênés d’y être encore identifiés. Qu’on pense à Dominique A.

S’il est permis de citer Julien Gracq dans une émission sur le rock, on dira qu’en la matière, Nantes est une ville de « liberté grande ».

Aller plus loin

L'exposition "Rock ! Une histoire nantaise" au Château des Ducs de Bretagne

Une playlist rock est disponible gratuitement à l'écoute sur Soundsgood

Programmation musicale : "Daniela" Elmer Food Beat (1990), "La piscine" Little Rabbits (1998), "Dévot" Lenparrot (2016), "Où est Corinne ?" Tequila

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