Marie-Dominique Lelièvre qui avait déjà publié un livre sur les amies de Chanel tente d’inscrire sa biographie du N°5 dans une histoire plus large – politique. L’acharnement de ceux qui travaillent sur Chanel hors du contrôle de la maison finit par arracher, pan après pan, un peu de vérité.

4 bouteilles de N°5 de Chanel présentées à l'exposition "Chanel" au Metropolitan Museum of Art de New York en 2005
4 bouteilles de N°5 de Chanel présentées à l'exposition "Chanel" au Metropolitan Museum of Art de New York en 2005 © AFP / STAN HONDA / AFP

La biographie de Chanel est impossible à écrire et pareillement celle de son produit-phare, le N°5.

Il suffit de regarder les articles de Wikipédia… La grande encyclopédie participative est débordée de toutes parts. Trop de traditions embrouillées, d’histoires parfois fausses dans lesquelles s’en emboitent d’autres, parfois vraies.

Marie-Dominique Lelièvre qui avait déjà publié un livre sur les amies de Chanel tente d’inscrire sa biographie du N°5 dans une histoire plus large – politique. Et elle soutient son propos par nombre d’archives. L’acharnement de ceux qui travaillent sur Chanel hors du contrôle de la maison finit par arracher, pan après pan, un peu de vérité.

Le N°5 naît au lendemain de la Première Guerre. Il provient d’une histoire russe. Gabrielle travaille alors avec nombre d’émigrés russes blancs, à commencer par la grande duchesse Maria Pavlovna, qui ouvre une maison de couture parallèle à la sienne et elle vit avec le grand duc Dimitri, son amant d’un moment et pour toujours l’un des assassins sinon l’assassin numéro 1 de Raspoutine. L’organisateur de la fragrance, c’est un autre émigré de Saint Petersbourg, Ernest Beaux. Marie-Dominique Leliève ne livre pas le secret de la formule chimique qu’il a mise au point mais grâce à elle on apprend que Beaux avait aussi mis au point, pendant la guerre, des formules de gaz toxiques et d’autres pour les interrogatoires sportifs qu’il menait pendant la Terreur blanche.

L’autre grand moment de cette bio du N°5, c’est le récit du conflit avec les actionnaires principaux de la Société des Parfums créée en 1924, les frères Wertheimer. Dès les années 30, Chanel se persuada qu’ils l’arnaquaient. En 1941, elle voulut, en vain, organiser l’aryanisation de l’affaire. Et néanmoins, après-guerre, les Wertheimer négocièrent avec elle et lui sauvèrent même la mise. Sans eux, il n’y aurait pas eu de reconstruction de la maison. Sans elle, qui l’incarnait, il n’y aurait pas eu de retour du succès.

Bibliographie

  • Marie-Dominique Lelièvre Le N°5 de Chanel. Biographie non autorisée Stock
  • Marie-Dominique Lelièvre Chanel & Co. Les Amies de Coco Denoël
  • Jean Lebrun Notre Chanel Pluriel
  • Henri Ponchon L'enfance de Chanel. Enquêtes & découvertes Bleu Autour
  • Justine Picardie Chanel : sa vie Steidl

Filmographie

  • Robert Hossein J'ai tué Raspoutine

Programmation musicale

Sergueï Prokofiev Le pas d'acier par Igor Markevitch

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