La Révolution a consommé ses initiateurs et ses partisans à un rythme de plus en plus accéléré. Les contemporains y ont vu un mystère effrayant que les écrivains du XIXe ont ensuite tenté de déchiffrer.

Le Dernier banquet des Girondins - par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux - vers 1850
Le Dernier banquet des Girondins - par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux - vers 1850 © domaine public / Musée de la Révolution française (Domaine de Vizille)

A l'automne 1793 fut ainsi englouti un groupe de députés de la Convention qui étaient réputés avoir imaginé les premiers le passage à la République. Lamartine, en 1847, publie un livre qui leur est consacré et qui devient une histoire totale de la Révolution. Il écrit: "La République que ce parti avait fondée s'écroula sur lui au bout de huit mois". C'est Lamartine qui, pour le désigner, fixe définitivement le mot "Girondins". L'appellation n'était apparue que tardivement. Ceux qui mirent en accusation le groupe parlaient plus volontiers d'une faction, composée de "brissotistes", de "rolandistes"... C'est qu'il n'y avait pas, dans la tendance qu'on incriminait, de chef incontestable mais beaucoup d'hommes assez différents et... une femme majuscule, Madame Roland. Comme un certain nombre d'entre eux étaient élus de la Gironde ou s'y réfugièrent, de "girondistes" qu'ils étaient parfois, ils devinrent les Girondins.

Il n'y a guère qu'à Bordeaux qu'un monument leur est consacré, place des Quinconces, mais leur carrière posthume se prolonge néanmoins. Beaucoup de personnalités politiques régionales d'aujourd'hui les présentent encore comme les ancêtres de leurs combats contre les excès de Paris.

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