coran
coran © Habib Mhenni

En 1995, au Caire, le professeur Abu Zaïd qui interrogeait les conditions dans lesquelles le message oral de la révélation était devenu un texte, était convaincu d’apostasie par les gardiens de la loi, et sa femme, divorcée d’office, puisqu’elle ne pouvait continuer à vivre avec un « mécréant ».

Dix ans plus tôt, à Beija, le grand savant Mohammed Arkoun était chassé de la tribune d’une séance de controverses : « Ta place n’est pas dans ce pays ». Arkoun disait quele Coran ne parle pas de lui-même , que ce sont les questions des hommes de chaque époque qui le font s’exprimer . Les croyants ne voient pas toujours spontanément les choses de cette façon. Leur souci est de revenir à une source qui serait unique, pure, au Coran et à l’exemple du Prophète qui détermineraient à la perfection les comportements en toute situation. La civilisation arabe au sommet de sa subtilité au Xe siècle de l’ère chrétienne avait au contraire ouvert les portes de l’interprétation. Ensuite, en milieu sunnite, fut imposée la clôture. les portes se refermèrent. Depuis, l’interprétation a été recouverte par les couches des commentaires et des jurisprudences comme par une sédimentation où seuls peuvent se repérer les gardiens de la loi. Atomisé en versets, il dit le droit. Mais tout un courant de l’Islam cherche à retrouver le mouvement du texte .

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