Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen
Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen © Radio France

Condorcet promet en 1790 que la France offrira au monde un spectacle nouveau : celui d’une « nation vraiment libre respectant partout, en tous temps, les droits qui sont les mêmes pour tous les hommes. » D’un côté donc, la fraternité illimitée, jusqu’à l’universalité.

Mais de l’autre, il faut bien fonder la citoyenneté. La Constituante établit un texte fondamental où on voit généralement l’origine de notre droit du sol : cependant, il n’est pas aussi ouvert qu’on le croit. Ensuite, la Législative choisit la guerre, au printemps 1792 : dès lors, face aux dangers, la nation doit faire corps et prendre les mesures de protection adéquates. Plus tard la Convention se rêvera en Congrès du monde entier mais elle finira par exclure ses membres étrangers et par multiplier les textes discriminatoires – au point, l’été 1793, d’imaginer de faire porter aux « étrangers patriotes » admis à rester en France … un ruban tricolore marqué du mot : hospitalité !

Dans le grand désordre de la Terreur qui vient, l’application de ces textes sera aussi incohérente que leur rédaction. D’ailleurs, sait-on précisément définir l’étranger ? Celui qui l’est le plus, c’est l’anglais, promu au premier rang des ennemis du genre humain, mais c’est aussi bien le noble, le suspect et n’ayant rien à envier à l’anglais, le vendéen, ennemi … de l’intérieur.

Il convient donc d’interroger à la fois les actes posés par les responsables successifs de la Révolution : on pourra toujours expliquer qu’ils résultent de la contrainte des circonstances – la guerre sur tous les fronts. Mais aussi leur discours, creusé dès le départ, de profondes contradictions.

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