Le PSU ? Parti Socialiste Unifié. 1960-1989. Mais dès 1974, une bonne partie de ses troupes avait rejoint François Mitterrand en espérant mettre un peu de leur sel dans sa soupe.

Claude Saunier
Claude Saunier © AFP / ERIC CABANIS

Saint Brieuc et les Cotes du Nord, comme on disait alors, plus largement la Bretagne furent un lieu d’élection pour le petit PSU. Ailleurs, à dire le vrai, il était souvent trop menu pour le scrutin majoritaire façon Vème République.

Le PSU ? Parti Socialiste Unifié. 1960-1989. Mais dès 1974, une bonne partie de ses troupes avait rejoint l’ogre François Mitterrand en espérant mettre un peu de leur sel dans sa soupe. C’était une tribu étrange qui juxtaposait des expériences diverses entre lesquelles il pouvait être difficile de trouver d’autres points communs que le désintéressement.

Il retrouve un écho aujourd’hui à cause des conditions de son émergence. Il est né en effet d’un gâchis immense, d’une trahison : le vieux Parti socialiste, la SFIO de Guy Mollet, avait couvert des comportements pendant la guerre d’Algérie que nombre de militants de gauche ne pouvaient accepter. Ils avaient fait dissidence et c’est ainsi que s’était constitué le parti, sur un point d’honneur.

D’un côté, il y avait une vielle maison en fin de cycle. La sclérose. Aucune comparaison avec aujourd’hui n’est évidemment insinuée. De l’autre, un petit pavillon de chasse où des alchimistes cherchaient des formules de transmutation pour la gauche. Aujourd’hui, on parlerait de recomposition.

Certains présentent le PSU comme un parti féministe, écologiste avant la lettre. Sans doute un peu mais c’était aussi le parti d’une autogestion qui n’a pas fait florès. Il ne faut pas lui attribuer toutes les couleurs alléchantes que fait miroiter la nostalgie. Ce qui demeure, c’est son effort permanent pour tenter de comprendre, avant les autres, les mutations du travail et de la société. La gauche se targue de savoir d’avoir seule l’imagination de l’avenir. On voit bien que ce n’est plus vrai aujourd’hui. Ce l’était bien davantage à la haute époque du PSU. Au PSU, disait Michel Rocard son secrétaire national de 1967 à 1973, « ça cherchait dans tous les coins ».

Programmation musicale :

"Chant de lutte des travailleurs de Bouffioulx" (1974)

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.