Anthropophagie, cannibalisme... L'actualité nous offre régulièrement, en la matière, une nouvelle affaire. Récemment c'était un dépeceur à Montréal : aux dernières nouvelles, il plaide non coupable. Et, à chaque fois, le traitement du fait oscille entre le grand guignol et le grand frisson.

Scènes de cannibalisme en Lituanie et en Russie en 1571
Scènes de cannibalisme en Lituanie et en Russie en 1571 © Radio France / Mathiasrex

Anthropologie, cannibalisme... On aurait plutôt besoin d'étymologie, les deux mots n'ont pas la même origine, loin de là. Et aussi, disait Claude Lévi-Strauss, de généalogie. Et de théorie.

Mais voilà... Autant les explorateurs, voyageurs, journalistes et autres informateurs d'occasion ont été bavards sur le sujet, autant les sciences de l'homme ont préféré le dissimuler sous le tapis. C'est que le sujet est troublant : pourquoi la prohibition de l'anthropophagie ne s'est-elle pas imposée universellement et de manière permanente comme la prohibition de l'inceste ?

Il y a là dans le paysage comme un volcan enfoui, à ne pas réveiller. Qui sait ? Un cannibale muet reste peut-être tapi en nous et nos manières de dominer l'autre vivant ne sont pas nécessairement plus "civilisées" que celles des anthropophages, qui mangent l'autre mais... mort.

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