La postérité est injuste qui n'a souvent retenu de lui, parmi soixante-dix films, que les deux les plus tardifs, les peplums religieux - "Samson et Dalila" et "Les dix commandements" . Il reste surtout de lui l'image d'un prédicateur à grand spectacle. S'il fallait situer ce personnage baroque sur l'échelle du christianisme, on dirait qu'il est... assez loin du pape François : plutôt du côté de Rubens et des peintres d'église de la Contre-Réforme.

Cecil B. DeMille dirigeant un film en 1920
Cecil B. DeMille dirigeant un film en 1920 © domaine public

Les films religieux ne sont en réalité qu'une partie de son œuvre. Il est d'abord un des grands prêtres d'Hollywood. C'est là que, du muet au technicolor, il trouve son accomplissement. Le producteur en culotte de cheval de "Tintin", l'ordre constamment à la bouche, c'est lui. Le domaine qu'il a bâti à vingt cinq miles des studios, le peuplant de toutes sortes d'animaux, comme l'arche de Noé, il l'a nommé "le Paradis". Et gare à qui viendrait contrebattre ses principes à la Paramount et sur la colline sacrée, il est menacé d'être plongé dans les ténèbres extérieures et jeté aux lions - on l'a vu pendant le maccarthysme.

Lui qui croyait en la réincarnation, se serait-il vu en Dieu dans une autre vie ? En tout cas, une blague courait à Hollywood : Saint Pierre appelait d'urgence un psychanalyste : "Venez vite, Dieu se prend pour Cecil B.deMille" .

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lien séances parlementaires Jean Lebrun © Radio France
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