Portrait de Samuel Pepys par John Hayls - 1666
Portrait de Samuel Pepys par John Hayls - 1666 © domaine public

Il a 27 ans, nous sommes en 1660 et il entame, d'une belle écriture presque calligraphiée, un journal intime qu'il tiendra dix ans durant. Le plus étendu, le plus sincère aussi des journaux de l'époque.

Dans sa jeunesse, la sympathie de Pepys était allée aux puritains, aux "Têtes rondes" qui avaient tenu le haut du pavé après l'éxécution du roi Charles Ier. Mais la Restauration se profile et Pepys la rejoint. Il est homme à s'accommoder, en tous domaines. Un chrétien de tempérament modéré qui ne manque pas de louer Dieu de sa condition de plus en plus florissante et de sa maison de plus en plus riche. Un galant qui tromperait volontiers sa femme Elisabeth qu'il aime mais qui se contente de baisers dérobés aux servantes sous l'escalier. Un ennemi de la prodigalité, mais qui estime néanmoins qu'il faut prendre son plaisir quand on a la santé,la fortune et l'occasion.

Bref, un homme d'une énergie peu commune mais en qui nous pouvons nous reconnaître puisqu'il est d'une vertu moyenne. Un frère donc et peut-etre le seul de son époque dont nous puissions connaître si intimement la vie secrète.

Ajoutons que c'est un vrai reporter, toujours en mouvement, attentif aux caquets des tavernes et aux mille spectacles, drôles ou sinistres, de la ville de Londres. Le Journal de Pepys est un monument de la littérature et, avant l'heure, du journalisme.

Samuel Pepys et Lady Batten. Tableau de James Digman Wingfield, inspiré d'un extrait du Journal de Pepys, le 15 novembre 1665
Samuel Pepys et Lady Batten. Tableau de James Digman Wingfield, inspiré d'un extrait du Journal de Pepys, le 15 novembre 1665 ©

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