Portrait fictif de Tacite du début du XXème siècle
Portrait fictif de Tacite du début du XXème siècle © domaine public

C'est sous Trajan - nous sommes du côté de l'an 100 - que Tacite écrit le plus paisiblement: enfin un moment où il peut dire ce qu'il pense... L'essentiel de son existence, il avait dû adopter une conduite de précaution alors qu'avec le milieu de la classe sénatoriale auquel il appartenait, il aurait voulu incarner la vertu.

Qu'après l'agrandissement de l'espace romain, l'Empire était nécessaire, il en convenait. Mais il constatait aussi que le pouvoir, quand il était personnel, se pervertissait plus vite et se transmettait plus difficilement.

C'est ce qu'il voulait enseigner quand il écrivait. Car, pour lui, l'histoire était chose grave dont on pouvait tirer des leçons pour le présent. Aussi négligeait-il les anecdotes sans contenu, les petits détails physiques sur les uns et les autres.

En même temps, il ne s'illusionnait pas sur les effets desdites leçons. Les hommes étant bien trop prêts à l'esclavage, la même noria tourne sans cesse qui les y plonge régulièrement.

Après le règne de Trajan qu'il vécut comme un entracte, le vieux Tacite était sans doute appelé à finir dans une tristesse grandissante. Mais continua de gronder en lui une sourde révolte.

C'est bien qu'en dépit de tout, l'historien garde le goût de la pureté.

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