Ruines à Yingxiu en Chine, stigmates du séisme de 2008
Ruines à Yingxiu en Chine, stigmates du séisme de 2008 © Radio France / Ambroise Tézenas

Eh oui, la mort peut être le but du voyage…

L’île du Giglio, depuis longtemps, était touristique : le naufrage du Concordia ajoute un fleuron à la destination. Faut-il en rire ou en pleurer ? Un certain discours moral dit que les touristes seraient mieux chez eux et les lieux qu’ils arpentent mieux sans eux. Peut-être. Cependant, à lire les chroniques, on voit que les désastres et les champs de bataille ont attiré de tous temps : celui de Waterloo fut visité aussitôt. Aujourd’hui, le tourisme étant devenu une industrie et le consommateur s’habituant à tout, il attend qu’on lui invente sans cesse de nouveaux produits. Un séjour d’un jour dans une prison d’autrefois reconstituée ? Il est tenté de dire oui, ça pourrait le changer !

En même temps, les déplacements vers les destinations de désolation indiquent que, dans le tourisme, il y a aussi une quête. Sans vouloir l’assimiler au pèlerinage, il ne se résume pas à la détente ou au divertissement. Celui qui va à Oradour s’interroge tout de même encore un peu sur le passé ; s’il pousse jusqu’à Tchernobyl, c’est qu’il s’inquiète de l’avenir.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy a inventé une notion : le « catastrophisme éclairé », elle pourrait s’appliquer au tourisme de la désolation.

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