Bidonville de Nanterre en 1966
Bidonville de Nanterre en 1966 © Manuel Litran/Corbis /

Quand Salazar malade doit s’effacer en 1968, après un tiers de siècle de dictature, le Portugal connaissait une véritable hémorragie de population, alors qu’il prétendait garder le contrôle d’un vaste empire colonial. Salazar avait voulu retenir le temps et restreindre le désir chez ses sujets et voilà que beaucoup refusaient de rejoindre l’armée qui œuvrait en Afrique ou bien partaient à l’étranger sans demander la permission ! De France, ils envoyaient de l’argent qui était le bienvenu mais provoquait au pays l’augmentation des prix et des salaires. Ils pouvaient aussi y faire de mauvaises rencontres politiques. Or Salazar n’aimait ni le remue-ménage ni le remue-méninge.

Et les Français, comment regardaient-ils les Portugais ? Salazar avait l’habitude de dire : « Politiquement, il n’existe que ce dont le public connaît l’existence ». Eh bien ici, les Portugais ne bénéficiaient pas d’une considération particulière : les employeurs se félicitaient de leur disponibilité et les syndicats s’étonnaient de leur dévotion à Notre-Dame de Fatima; quant aux Parisiens, ils ignoraient l’existence, à leurs portes, des bidonvilles de Saint-Denis ou de Champigny.

Et en dix ans, l’image des Portugais changea. Ils furent vus comme les victimes d’une dictature sans fin, les héros d’un passage aventureux des frontières, des camarades possibles pour les luttes. Ils furent regardés, enfin.

Restait juste à régulariser leur situation : la grande majorité d’entre eux étaient arrivés sans papiers.

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