La guerre de siège, en dépit de ses constantes, a connu des cycles...

Les forces armées de Bachar al Assad bombardent la ville d'Alep (Syrie) malgré la résistance des rebelles de l'armée libre syrienne
Les forces armées de Bachar al Assad bombardent la ville d'Alep (Syrie) malgré la résistance des rebelles de l'armée libre syrienne © Maxppp / WOSTOK PRESS

Ce jour, à Alep, les habitants épuisés qui consentent à l’évacuation sont survolés par des drones et leur image est capturée par des caméras qui la diffusent sur un site russe… Le renouvellement des techniques change-t-il pour autant les caractères fondamentaux de la guerre de siège ? Ce qui y compte le plus, n’est-ce pas toujours la détermination de ceux qui sont encerclés ? Leur détermination mais aussi leurs divisions : Alep est devenu un écheveau indémêlable de milices opposées les unes aux autres. La guerre pour la ville s’accompagne de guerres dans la ville. Cela aussi est inscrit depuis fort longtemps dans la mémoire stratégique.

Cependant, la guerre de siège, en dépit de ses constantes, a connu des cycles. Son rôle est fondamental au Moyen-Age et jusqu’au XVIIIème. Il ne l’est plus à l’époque de Clausewitz et de Napoléon : c’est le temps de la levée en masse et des batailles-éclairs. Puis celle des grandes luttes sociales. L’armée est appelée à maintenir l’ordre dans les villes mais elle préfère utiliser ses armements enrichis de plus en plus vite sur des théâtres d’opération qui permettent leur déploiement.

Les stratèges de la Première Guerre évitent les combats urbains. Sans doute ceux de la Seconde auraient-ils préféré faire de même mais quelques ville deviennent des lieux symboliques de la guerre en Russie, à commencer par Leningrad. Les opérations contre de grandes cités allemandes ou japonaises amènent ensuite à se demander si, après la guerre pour la ville, n’apparait pas un nouveau type : la guerre à la ville. Les sièges qui réapparaissent en nombre depuis les années 80 renforcent ce questionnement. A propos de Sarajevo attaqué depuis les hauteurs rurales environnantes, on a parlé d’urbicide. A propos d’Alep, on parle de groznyfication du nom de la capitale de la Tchetchénie dont les Russes demandaient déjà l’anéantissement. On se souvient de la phrase célèbre : « On les buttera jusque dans les chiottes ».

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