Né dans la foulée de mai 68, Paris VIII a d’abord été un centre d’une espèce unique, un albatros qui s’était posé dans le bois de Vincennes.

Auditorium dans une université
Auditorium dans une université © Getty / Hero Images

Le soutien scolaire payant à destination des élèves du secondaire va se développant. Dans le supérieur, une scolarité de trois ans dans les plus grandes écoles commerciales dépasse les 40 000 euros. Paris VIII, au contraire, a toujours porté comme une bannière l’idée d’un recrutement le plus large possible. Cette université est persuadée aussi que l’innovation pédagogique doit être issue de son expérience propre. Mais, aujourd’hui, d’un côté, le secrétaire d’État aux Universités explique que la sélection n’est pas un gros mot et de l’autre, ses prédécesseurs ont imposé l’internationalisation des cursus universitaires et les regroupements d’établissements. Courant comme les autres derrière les réformes qui se suivent à un rythme d’enfer, Paris VIII s’essouffle à maintenir son esprit propre.

Né dans la foulée de mai 68, Paris VIII a d’abord été un centre d’une espèce unique, un albatros qui s’était posé dans le bois de Vincennes et qui battait des ailes en parlant sans trêve. Dans ce nid étrange, quelques disciplines qu’on n’enseignait pas à l’université française avaient éclos. En philosophie, les enseignants les plus marquants de l’époque s’y étaient concentrés : aucune université américaine n’aurait pu en rassembler autant.

En même temps, disaient les adversaires, c’était un souk, une base de guérilla intellectuelle. Ils ont eu raison de Vincennes qui est rasée à la fin du septennat de Giscard et transférée d’autorité dans un terrain étroit et ingrat, à Saint-Denis. Et là l’albatros se révèle un phœnix. Paris VIII devient l’université qui manquait à la Seine-Saint-Denis. Elle accompagne à peu près toutes les évolutions du département - qu’on les considère comme dangereuses ou comme prometteuses. Jusqu’ici, être de Paris VIII, c’était une marque de fabrique vraiment singulière et dont on garde la trace.

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