Au milieu du XIXème, elle était au centre d’un espace qui, d’un côté, englobait la partie supérieure de l’Asie et du Pacifique Nord et s’apprêtait à absorber le bassin du fleuve Amour et, de l’autre, en face, avait installé des chapelets de comptoirs en Amérique, jusqu’aux portes de la Californie.

Irkoutsk, l'une des villes les plus peuplées de Sibérie orientale (ici en 1886)
Irkoutsk, l'une des villes les plus peuplées de Sibérie orientale (ici en 1886) © Getty / Heritage Images

(rediffusion du 15/03/2018)

Le bout du monde… C’est vrai, au milieu du XVIème encore, la Sibérie était à peine nommée, pas encore cartographiée. Terra incognita.

Mais, trois siècles plus tard, au milieu du XIXème, elle était au centre d’un espace qui, d’un côté, englobait la partie supérieure de l’Asie et du Pacifique Nord et s’apprêtait à absorber le bassin du fleuve Amour et, de l’autre, en face, avait installé des chapelets de comptoirs  en Amérique, jusqu’aux portes de la Californie. Il y eut une Amérique russe faite de deux mondes nouveaux qui se faisaient écho. Plus tard, Saint-Pétersbourg décida de vendre l’Alaska et de donner la priorité des priorités au Transsibérien qui lia par une ceinture de fer la Sibérie et la vieille Russie. Il reste que, longtemps, la Sibérie avait cousiné avec l’Amérique.

Quand il s’agit d’apprécier le déroulement de leurs conquêtes, les Russes apprécient modérément le rapprochement avec les Américains. Dans les deux cas, l’extension s’est faite dans la continuité territoriale et, rapidement. Mais les Russes insistent sur l’acculturation des populations autochtones voire le métissage. Cela mériterait une analyse en finesse mais ils compareraient plus volontiers leur manière d’être avec celle des coureurs des bois canadiens du XVIème qu’avec la violence du XIXème américain.  

La colonisation de la Sibérie est vraiment singulière. Ne serait-ce qu’à cause des difficultés du climat. Alain disait que le temps qu’il fait est le premier fait historique. Celui qui sévit en Sibérie à fait de la conquête une épopée – le mot peut difficilement être contestée, quoiqu’on pense des conséquences.

Programmation musicale : Yvan le Terrible par Prokoviev (direction Tugan Sokhiev / orchestre symphonique de Berlin)

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