Semaine spéciale « 1915, une guerre totale »

Visite d'un délégué du CICR à un prisonnier allemand en Algérie en février 1915
Visite d'un délégué du CICR à un prisonnier allemand en Algérie en février 1915 © Radio France / CICR

Issu de l’expérience d’Henri Dunant à la bataille de Solferino et d’une série de conférences internationales dont la première a eu lieu en 1863, le mouvement de la Croix rouge s’inscrit dans une tradition philosophique occidentale qui cherche à resserrer les guerres dans un cadre éthique et juridique. Dès lors que la guerre entend se présenter comme un conflit juste, on peut lui appliquer un certain nombre de règles…

La guerre, en 1914, pouvait se présenter comme un conflit juste. Les puissances qui l’avaient déclenchée avaient toutes l’impression d’avoir été agressées. En 1915, cette conviction n’a pas faibli, notamment en France où les combattants sont d’autant plus convaincus de leur bon droit qu’ils défendent dans LEURS tranchées LEUR territoire. De cette situation intolérable, on ne peut hélas sortir que par davantage de violence encore : la Grande Guerre sera mondiale, totale, brutale. La tentation, dès lors, est de dire qu’il y a dorénavant d’un côté l’ennemi absolu et, de l’autre, l’humanité et que le traitement du premier ne peut plus relever des règles de la seconde.

C’est le mérite du Comité international de la Croix Rouge d’avoir déployé dans ces circonstances une activité inouïe. En 1914, c’était une modeste association philanthropique recluse dans de petits bureaux. Trois ans plus tard, un député du Nord qu’il avait contribué comme tant d’autres prisonniers à secourir et à libérer lance à la tribune du Palais-Bourbon : « C’est, au-dessus de la voix du canon, celle de l’humanité ».

Evénement(s) lié(s)

L’exposition "Humaniser la guerre ?"

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.