Le Yémen retient par bien des charmes différents. Et si on tentait d’entrer dans la complexité des êtres et des situations, dans une temporalité plus longue ?

 Sanna
Sanna © AFP / Ahmad Gharabli
Vallée du Hadramaout (Yémen)
Vallée du Hadramaout (Yémen) © Getty / Ullstein Bild

Le Yémen retient par bien des charmes différents. Les paysages autrement variés que dans le reste de la péninsule arabique. L’architecture des maisons-tours. Le légendaire attaché au qat. La poésie, évidemment. Pendant la révolution transcontinentale arabe du début de la décennie, dans le vaste campement de la place du changement de Sanaa, une tente portait le nom d’un grand poète national, Al Barraduni.

« Mon pays : dans les cavernes de la mort / ne périt ni ne guérit / dans les tombes muettes il creuse / il passe des ténèbres épaisses:/à d’autres plus ténébreuses… »

La révolution, non plus que la réunification du pays, vingt ans plus tôt, n’ont abouti à l’intégration qu’elles appelaient de leurs vœux. Le Yémen est de nouveau écartelé; de nouveau ses membres semblent être tirés vers des destins différents.

« Mon pays ne périt ni ne guérit »…Non seulement le Yémen est devenu inaccessible, au désespoir des touristes mais la guerre étouffée à laquelle il est soumis semble illisible. Libye, Syrie, Yémen… ces conflits ont ceci de commun qu’ils désespèrent notre interprétation. Aussi, pour le Yémen, se réfugie-t-on dans des explications en noir et blanc : le Sud contre le Nord, le chiisme contre le sunnisme, l’Arabie saoudite contre l’Iran. Et ces explications qui ne rendent pas compte du réel deviennent des prophéties auto-réalisatrices. Et après, on parle de « catastrophe humanitaire ».

Et si on tentait d’entrer dans la complexité des êtres et des situations, dans une temporalité plus longue ?

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