Les roulements de tambour qui ont réussi sur l'instant à dissimuler la voix de Louis XVI le 21 janvier 1793 n'ont pu recouvrir toute une histoire. Dès le début de la Restauration, Louis XVIII inhumera d'ailleurs à Saint-Denis avec toute la solennité possible son frère guillotiné; en 1824, il réussira même à organiser au cordeau sa propre mort, la faisant obéir à des rites supposés immémoriaux. Les contemporains ont suivi ses obsèques avec un certain respect mais sans bien comprendre. La jeune George Sand se demandait pourquoi on portait sur des coussins des éperons d'or et un heaume derrière le cercueil d'un roi podagre incapable de monter à cheval !

Gisant de Henri II et Catherine de Médicis dans la basilique Saint-Denis - 1583
Gisant de Henri II et Catherine de Médicis dans la basilique Saint-Denis - 1583 © cc / Roi Boshi

C'est le propre des rituels. Ils paraissent obsolètes car on a oublié les circonstances qui les ont fait naître et les ont transformés en usages mais s'ils disparaissent, on éprouve le désir de les refabriquer. Notre dernier monarque républicain l'a bien compris : François Mitterrand, après ses longs adieux au doux royaume de la terre, a ainsi soigneusement réglé ses funérailles de 1996.

La seule différence, c'est qu'aujourd'hui, le cérémonial s'organise autour d'une personnalité; au temps des rois, c'était autour d'une dignité.

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