L’avocate d’origine sénégalaise Sira Sylla, élue En marche de Paris, contribue à la féminisation de l’Assemblée – 224 femmes dorénavant. Et à son rajeunissement...

Hégésippe Jean Légitimus,  (1868-1944) premier député noir de métropole, plus jeune député (élu à 30 ans) (1898 - 1902, 1906 - 1914), premier président noir du conseil général en 1899, maire de Pointe-à-Pitre en 1904
Hégésippe Jean Légitimus, (1868-1944) premier député noir de métropole, plus jeune député (élu à 30 ans) (1898 - 1902, 1906 - 1914), premier président noir du conseil général en 1899, maire de Pointe-à-Pitre en 1904 © Getty / Ullstein Bild

L’avocate d’origine sénégalaise Sira Sylla, élue En marche de Paris, contribue à la féminisation de l’Assemblée – 224 femmes dorénavant. Et à son rajeunissement – la moyenne d’âge du Palais-Bourbon est passée sous la barre des 50 ans.

Sommes-nous cependant devant l’Assemblée colorée qu’elle appelle de ses vœux ?

L’habitude s’est inscrite de n’attendre de députés noirs que venus des départements d’outre-mer. Ceux-ci fournissent aussi de ci de là quelques élus à l’hexagone. La guadeloupéenne George Pau-Langevin est députée de Paris. Gaston Monnerville s’acclimata bien dans le Lot : président du Sénat, deuxième personnage de l’Etat, il était mi-guyanais mi-quercynois.

Mais la diversification doit passer aussi par l’élection de représentants issus de l’Afrique. Dans la nouvelle Assemblée, Sira Sylla n’est pas la seule. Danièle Obono, nouvelle députée de Paris, est née au Gabon. Laetitia Avia, à Paris toujours, est d’origine togolaise. Et Hervé Breville, élu de Dinan, est né au Rwanda. Il reprend le flambeau du député afro-breton qu’avait porté haut, il y a vingt ans, Kofi Yamgnane. Sauf que lui ne souhaite pas mettre en avant son parcours personnel. Venir d’Afrique et siéger au Palais-Bourbon ? La question, pour lui, ne mérite plus d’être posée.

Il faudrait à cet égard rappeler les années trop oubliées qui suivirent la Libération, les Assemblées constituantes et celles de la IVème. L’utopie de la République coloniale jeta alors ses derniers feux. Les pays d’Afrique qui allaient devenir indépendants envoyaient des députés à Paris. Ils furent plus de cinquante à siéger entre 1945 et 1958. Parmi eux, le sénégalais Senghor, l’ivoirien Houphouët-Boigny, le malgache Tsiranana et même le guinéen Sekou Touré. A partir de 1954, il y eut toujours dans chaque gouvernement un noir d’Afrique. Et même quatre en 1957 !

Ce qui nous paraît neuf ne l’est pas autant que nous le croyons.

Chanson Je voudrais être noir de Nino Ferrer

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