L'Afghanistan peut devenir vite un piège, une impasse pour les puissances étrangères qui y engagent des troupes. La France, qui veut hâter son départ, commence à en savoir quelque chose qui, ce printemps, cherche comment évacuer, d'ici l'hiver, ses 3400 soldats, ses 900 véhicules, ses 1400 conteneurs de matériel...

Policiers afghans à Kaboul en 1879
Policiers afghans à Kaboul en 1879 © The British Library / John Burke

Apparemment, le plus simple serait de partir de la province de Kapisa, qui nous avait été dévolue par l'OTAN, et d'aller en direction de l'Est vers le Pakistan proche. Mais là est justement l'épicentre de tous les dangers: dans cette zone, écheveau indémêlable s'agrègent turbulents pachtounes du lieu, talibans et djihadistes internationaux, les uns et les autres tirant parti de toutes les opportunités locales.

La zone est bien difficile à administrer en temps de paix, impossible à pacifier en temps de guerre, depuis qu’y a été tracée sur le papier, en 1893, la ligne Mortimer Durand. La ligne est considérée comme virtuelle par les populations pachtounes qui vivent de part et d'autre mais s'en trouvent séparées. Elle a pourtant une existence stratégique réelle puisque les Soviétiques eux-mêmes, quand ils envahirent le pays dans l'ultime geste de la guerre froide, se refusèrent à la franchir et que les Français, demain, vont devoir, peut-être, demander au Pakistan de la sécuriser s'ils veulent vraiment la passer.

C'est autour de cet axe Af-Pak, Afghanistan-Pakistan aujourd'hui, Afghanistan-Empire des Indes hier, que ne cesse de rebondir le Grand Jeu entre puissances dont l'Afghanistan est le théâtre, le carrefour, la victime - le produit aussi.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.