Stèle de marbre avec un décret de la Boulé d'Athènes - vers 440-425 av. J.C
Stèle de marbre avec un décret de la Boulé d'Athènes - vers 440-425 av. J.C © domaine public / Athens Epigraphic Museum

Mais la Grèce est ce que nous en faisons. Nous l’avons constitué comme un garde-manger où nous puisons de très beaux exemples : ces fameuses « humanités classiques », à bien des égards, c’était une grande leçon de morale. Il nous reste de ce grand tableau que nous peignons de l’Antiquité, l’image du miracle démocratique d’Athènes. La fortune de la Grèce est d’ailleurs très liée aux rythmes de notre vie politique. Chateaubriand reprochait à nos révolutionnaires de n’avoir pas vécu en France mais à Sparte ; plus tard les républicains de la Troisième en appelaient au modèle d’Athènes ; enfin toute une famille de penseurs d’après la Seconde guerre mondiale oppose la cité grecque au totalitarisme : Hitler, Staline, ça s’écroule ; la cité de Périclès, si loin qu’elle soit, ça résonne encore, ça fait système.

Avec les Grecs, nous continuons de parler démocratie mais nous parlons de plus en plus anthropologie. Le « miracle grec » n’est qu’un moment d’une histoire très épaisse qu’on peut rapprocher de celle d’autres sociétés anciennes. « C’est drôle, disait l’helléniste Jean-Pierre Vernant, mes collègues indianistes me font comprendre les choses grecques parce qu’ils disent des choses indiennes ».

Pour poursuivre dans la comparaison, on peut dire qu’aujourd’hui, à l’heure de l’anglais, langue de communication mondiale, le grec en tant que discipline pèse de moins en moins lourd : 2% des collégiens l’abordent en option contre 18% pour le latin. Mais ce qui importe encore plus, c’est la Grèce. Elle excède le cadre d’une seule discipline. Paul Valéry n’a-t-il pas dit que c’était « la plus belle invention des temps modernes » !

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