L’histoire des personnes âgées balaie beaucoup d’idées reçues qui se sont constituées à mesure que la politique les concernant s’est distinguée de celle touchant les handicaps. Aujourd’hui, l’insertion des personnes handicapées progresse.

Prendre en charge la vieillesse
Prendre en charge la vieillesse © Getty / Maskot

En 1901, on a érigé à Paris, dans le XIIIème arrondissement, une statue à l’Enfant abandonné. Au milieu du XIXème, c’était par dizaines de milliers qu’on comptait les abandons chaque année. Y-a-t-il quelque part un monument érigé au vieillard abandonné ? 

Certes, en 1905, au nom du  devoir d’assistance, l’Etat organise les hospices. La loi sur les retraites ouvrières et paysannes qui suit de peu, en 1910, fondée, elle, sur le principe de l’assurance, concerne trop peu de personnes.  Les travailleurs pauvres vont se retrouver dirigés en très grand nombre vers les hospices qui sont très vite entourés d’une représentation noire. Misère des vieux. 

L’Etat, par nature, cherche des économies

Il traque les déperditions d’argent public, exige des contrôles de la fraude : les pauvres sont des malins, les personnels de santé des naïfs … Ces jours derniers encore, Bercy demande qu’on cible mieux les aides sur des publics plus restreints afin de garantir – je cite – la « soutenabilité du système  dans un contexte de vieillissement prolongé des Français » - lequel est décrit de manière catastrophiste.

La population active dans son ensemble est sollicitée. En 2003, le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, lançait une journée de travail de solidarité. On nous en promet une seconde.

La pression s’exerce aussi sur les familles

Après la canicule de 2003, le constat fut un peu rapidement fait de leur carence et l’Etat se présenta de nouveau en Père fouettard.

Déclin des solidarités familiales, vraiment,  alors que 15% de la population active se retrouve de fait dans le statut d’aidant ? Explosion des dépendances, vraiment, alors que l’entrée dans l’âge des grandes incapacités se fait de plus en plus tard ?

L’histoire des personnes âgées balaie beaucoup d’idées reçues qui se sont constituées à mesure que la politique les concernant s’est distinguée de celle touchant les handicaps.  Aujourd’hui, l’insertion des personnes handicapées progresse. L’âgisme condamne en revanche les vieux à la concentration dans des structures qu’ils n’ont pas choisis et qui deviennent des ghettos.

Programmation musicale : On ne voit pas le temps passer de Jean Ferrat

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