Poster de l'OSPAAAL pour la Journée de solidarité avec l'Amérique Latine - 1970
Poster de l'OSPAAAL pour la Journée de solidarité avec l'Amérique Latine - 1970 © Flickr / Kamil Antosiewicz

La patrie ou la mort, le sacrifice s’il le faut…Dans les années 1960, les hôtes de la révolution cubaine n’entendent que de fiers propos. Jean-Paul Sartre, qui vient l’un des premiers en compagnie de Beauvoir, s’émerveille qu’ils soient tenus par de si jeunes companeros.

En 1966, il y a cinquante ans, l’enthousiasme redouble quand 82 délégations se retrouvent à La Havane, issues d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. C’est le grand rendez-vous de la Tricontinentale. La répression anti-communiste vient de se déployer en Indonésie avec une terrible ampleur, la guerre du Vietnam gagne en importance : il s’agit d’« opposer aux entreprises mondiales de l’impérialisme une stratégie globale de la révolution. »

Il n’a pas été facile de faire le tri entre les délégations : l’URSS et la Chine veillaient chacune de leur côté sur leurs protégés. Les participants ont eu parfois des difficultés pour rejoindre l’île, surveillée de près par les Etats-Unis. Fidel est fier d’avoir pu inscrire le nom de Cuba dans le grand jeu international. A l’époque, il en est venu à penser que Cuba est une nation d’exception dont les choix pèseront sur l’avenir du monde.

Jusqu’ici, c’étaient Le Caire ou Alger qui symbolisaient le tiers-mondisme militant. Maintenant, c’est La Havane. Ce moment de communion sera assez bref. Il mérite d’être évoqué au moment où, par un étrange retournement historique, les commentateurs s’esbaudissent du retour des Etats-Unis à Cuba tout en assurant qu’il ne faut pas exagérer l’importance de la nouvelle : Cuba ne serait plus qu’un confetti sur la carte.

Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Che Gevara à Cuba en 1960
Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Che Gevara à Cuba en 1960 © Domaine public /
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