Edouard Balladur officie alors tout près du Premier ministre comme conseiller aux affaires juridiques sociales et juridiques. Il manifeste à l’égard de lui-même comme des autres la distance qui fait déjà sa marque de fabrique.

Edouard Balladur en janvier 2017 au congrès des Républicains
Edouard Balladur en janvier 2017 au congrès des Républicains © AFP / Thomas SAMSON

Mai était une bataille à fronts multiples. D’aucun endroit, on ne pouvait prétendre à un point de vue panoramique.

Matignon, avec ses allures d’hôtel des siècles écoulés, disposait sans doute du meilleur réseau d’informations du pays. C’est là qu’en temps ordinaire, se gérait la politique intérieure, bien davantage qu’aujourd’hui. Et en cette période extraordinaire, c’est là qu’entre très peu de mains se tient ce qui restait du pouvoir.

Pour la première fois, le général de Gaulle ne peut plus exercer l’autorité

Sa permanence au pouvoir lui est reprochée : « Dix ans, c’est assez ! » Il incarne une permanence honnie. Qui plus est, il semble avoir perdu la grâce : pour l’heure, ses mots ne portent plus. C’est le Premier ministre, Georges Pompidou, qui dispose des dernières cartes. Retenu au début des évènements par un voyage officiel en Afghanistan, il en était revenu libre de revenir sur les décisions prises pendant son intérim. Il avait rouvert la Sorbonne aux étudiants et aux sympathisants, refusé les solutions extrêmes. Et choisi un jeu en retenue, une stratégie en retrait.

Mais chaque jour est plus agité que le précédent. Georges Pompidou cherche le levier qui lui permettrait de disjoindre l’opinion du mouvement étudiant. Il ne suffit pas pour cela que le désordre gagne. Mais Pompidou maintient qu’il faut se tenir à une ligne constante. Cela permet déjà de gagner l’estime.

La victoire, c’est une autre affaire

Edouard Balladur officie alors tout près du Premier ministre comme conseiller aux affaires juridiques sociales et juridiques. Il manifeste  à l’égard de lui-même comme des autres la distance qui fait déjà sa marque de fabrique. « Décidément, dit-il, dans L’arbre de mai, le livre qu’il consacre aux évènements, « on ne sait à peu près rien de personne. »

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