"Ce que j'écris me déconstruit" disait-il. Sa phrase s'ouvrait sur des parenthèses, les parenthèses sur des puits dans lesquels il descendait en acrobate, la poésie et le roman s'entremêlaient : à raison de cinq pages par jour peut-être, il était en excursion et en re-création perpétuelles.

Louis Aragon à Lyon le 19 juin 1981 pour la présentation de "La messe d'Elsa"
Louis Aragon à Lyon le 19 juin 1981 pour la présentation de "La messe d'Elsa" © cc / Bernardo Le Challoux

Les dernières années, les murs de son appartement eux-mêmes entraient dans la danse; ils étaient tapissés jusqu'aux fenêtres de cartes postales, de tableaux, de photos: il les reclassait, les re-disposait sans cesse.

Selon lui, tout était réversible. Même le masculin et le féminin. Il avait voué sa vie, en vassal dépendant, à une femme unique; en même temps, Elsa Triolet savait qu'elle en continuait une autre et après sa mort, le voilà qui, découvrant de vieilles préférences, se présenta à son tour comme... une femme.

A ses camarades communistes à qui il restait fidèle mais qui le regardaient interloqués comme aux autres qui lui reprochaient ses dissimulations, il répéta jusqu'au bout: "Je ne suis pas celui que vous croyez" .

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La maison Triolet-Aragon de Saint-Arnoult-en Yvelines C’est au coeur d’un parc de six hectares que reposent Elsa Triolet et Aragon, là où l’avait souhaité Elsa dans Le Cheval roux. Le moulin de Villeneuve était la maison d’Elsa parce qu’Aragon en avait ainsi décidé, qui voulait qu’à l’étrangère, qu’à la déracinée appartînt en propre, comme il le disait, « un petit coin de France ».

Site de l’ERITA L’Équipe de Recherche Interdisciplinaire Elsa Triolet/ Aragon (ERITA) est une association (loi 1901) créée en 1996 à la suite de la dissolution, institutionnelle, du groupe de recherches (GDR) littéraires du CNRS ; elle regroupe des enseignants, des étudiants et des chercheurs de plusieurs universités françaises.

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