Le 22 novembre 1963, c'est un homme accompli qui disparaît: ni sa santé ni les situations dangereuses dans lesquelles il se plaisait ne le destinaient à vivre 96 ans, En même temps, ce qui a été tué, c'est autant une promesse qu'un président. D'où la difficulté de tirer un bilan froidement rationnel de son mandat.

Le président John F. Kennedy prononçant le discours annuel sur l'état de l'Union, le 14 janvier 1963.
Le président John F. Kennedy prononçant le discours annuel sur l'état de l'Union, le 14 janvier 1963. © domaine public / Cecil Stoughton

La chose est d'autant plus malaisée que Kennedy et son cabinet ont été de grands fabricants d'images, lesquelles se sont substituées à la réalité. L'écrivain Gore Vidal notait qu'au moment où se développait la toute-puissance de la télévision, "ils créaient des illusions qu'ils appelaient des faits".

En conséquence, beaucoup d'Américains - et le président Obama le premier -considèrent avec regret les albums aux couleurs passées de ces trente quatre mois si vite achevés. A l'époque, peu les ont vécues comme ce moment d'illusion qu'il est convenu de célébrer aujourd'hui ! On était en pleine guerre froide, dans le risque constant d'un affrontement bipolaire. Par la suite, il a suffi de peu d'années pour que la guerre du Vietnam écrase le rêve de Nouvelle Frontière de Kennedy comme celui de Grande Société de son successeur Johnson.

La nostalgie attendrit l'histoire mais elle n'empêche pas l'histoire d'avoir été cruelle.

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