Si les primaires soignent les effets de la crise de la démocratie, sont-elles efficaces contre les causes de cette crise ?

Débat des primaires socialiste 2006 avec Ségolène Royal
Débat des primaires socialiste 2006 avec Ségolène Royal © AFP / Benoît Tessier / Pool

Selon la convention gaullienne, la présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et de la nation. Et il ne peut y avoir d’autre primaire que celle du premier tour du scrutin réel, le peuple dans son entier opérant alors son tri.

Eh bien, soixante ans plus tard, ce sont les descendants de De Gaulle qui confient leur sort à des primaires.…

François Fillon et Alain Juppé qui se revendiquent du général en ont imposé le principe à Nicolas Sarkozy, qui ne s’en est pas assez méfié. Mais dès 1990, c’est un grognard de la génération d’avant, Charles Pasqua, qui, déjà, avait tenté de l’introduire.

Dès lors que dans un camp, nul leader ne s’impose plus incontestablement, se produit en effet un appel d’air qui favorise l’idée de primaires. C’est vrai à droite aujourd’hui, cela l’a été à gauche : la première primaire au PS a eu lieu, en 1995, après le départ de Mitterrand et le retrait de Delors.

Mais, évidemment, ce sont des arguments positifs qui sont mis en avant pour justifier les primaires ! On dit qu’elles redonnent la parole au peuple contre les appareils, qu’elles permettent la mise sur orbite de personnalités inattendues.

Surtout, la vague qui les porte semble irréversible. Après les Etats-Unis, une trentaine de pays les pratiquent, peu ou prou. Jusque dans la Russie de Poutine, les candidats du parti du président doivent passer par la case primaire !

Rien qu’avec cet exemple russe, on voit que le mot mérite inventaire : les primaires se déroulent de manières très différentes, ici et là, selon les cas.

Et si elles soignent les effets de la crise de la démocratie, sont-elles efficaces contre les causes de cette crise ?

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.