Dans son Pérou natal, Vargas Llosa avait vécu sa jeunesse sous la férule de la dictature. Il avait rêvé de l’Europe, d’abord entrevue dans l’Espagne franquiste et surtout de la France. Les six années qu’il passe à Paris lui révèlent son appartenance à un ensemble plus vaste, l’Amérique latine.

L'écrivain Mario Vargas Lolsa à la Maison de la littérature du Pérou en 2010 après avoir reçu le Prix Nobel de littérature
L'écrivain Mario Vargas Lolsa à la Maison de la littérature du Pérou en 2010 après avoir reçu le Prix Nobel de littérature © Getty / Raul Sifuentes

C’est en France - où il travaille comme journaliste, notamment à RFI – qu’il rencontre les géants de la littérature du continent, qu’il commence à les lire par plaisir et non par obligation et qu’il découvre leur extraordinaire ambition formelle.

Même s’ils apprennent à un même ensemble continental, les grands auteurs latino-américains, qu’ils s’appellent Fuentes, Garcia Marquez, Mutis… restent profondément attachés à leur pays d’origine dont ils deviennent parfois l’illustration numéro un. Le grand écrivain national, c’est une figure particulière que l’Amérique latine partage avec la France… Il y a un côté Victor Hugo chez ces romanciers de la totalité.

À la fin des années 1980, quand le Pérou sombre dans la misère et que la guérilla du Sentier lumineux le tourmente, Vargas Llosa pense qu’il lui incombe de se présenter à la présidentielle. Après une longue campagne qu’il a menée en tête, il est distancé au dernier moment par un candidat venu de nulle part, Albert Fujimori.

Il observe avec humour que ses concitoyens, en ne votant pas pour lui, ont sans doute voulu lui signifier qu’ils souhaitaient pouvoir continuer à le lire. Il poursuit donc son œuvre. Avec notamment un récit étonnant de sa campagne. Et aussi un  étonnant livre sur Trujillo où il reprend un de ses thèmes familiers, la dictature.

En 2010, Vargas Llosa reçoit le Nobel de littérature. Il est alors à Princeton où il  a déposé ses archives et où le directeur du programme Amérique latine de l’université, le rencontre régulièrement. De leurs échanges résulte un livre d’entretiens, « L’atelier du roman ».

Bibliographie

  • L’atelier du roman - Conversation à Princeton avec Rubén Gallo par Mario Vargas Llosa, Rubén Gallo (Arcades Gallimard).
  • Proust Latino de Rubén Gallo (Buchet-Chastel).
  • La fabrique de l’écrivain national. Entre littérature et politique de Anne-Marie Thiesse (Gallimard).
  • Oeuvres romanesques de Mario Vargas Llosa (Gallimard).
  • Eloge de la lecture et de la fiction. Conférence du Nobel de Mario Vargas Llosa (Gallimard).
  • Ce que je sais de Vargas Llosa de Albert Bensoussan (François Bourin Editeur).

Chanson Moi, je m'appelle Ciboulette par Régine Crespin.

► À l'occasion de la parution de la traduction en français de son livre "Proust latino", aux Editions Buchet-Chastel, portant sur les relations sud-américaines de l'écrivain, Rubén Gallo dialoguera avec Laure Murat, écrivaine et historienne française, professeure à l’université de Californie, le jeudi 21 novembre à 19h à la Maison de la poésie (Paris IIIe)

Les invités
  • Ruben GalloUniversitaire et essayiste, responsable du programme des Latin American studies à l’université de Princeton
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