Le cadet, P'tit Paul, dès la petite enfance, compose à l'oreille des phrases et des vers : il n'a jamais cessé d'écrire. L'aînée, Camille, s'est promise très tôt à la sculpture : ils étaient de la même espèce.

Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans l'atelier de Rodin (avant 1899)
Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans l'atelier de Rodin (avant 1899) © domaine public

Sauf qu'il y avait chez Camille, qui se nourrissait d'abord d'amour et de tragique, une répugnance à s'asseoir aux repas de la bonne vie. Paul, lui, réussit à mettre l'ordre de la religion entre lui et sa tentation des extrêmes. Il finit patriarche au château de Brangues, présidant aux repas de famille depuis le haut bout de la table.

L'histoire de Camille n'est cependant pas seulement une affaire claudélienne. Il y a aussi le maître et l'amant : Rodin, dont elle s'écarte en 1893 pour frayer sa voie propre. Il est atteint lui aussi de la même brûlure mais sa nature est différente : il est habile à fuir le drame.

Enfin l'histoire de Camille est caractéristique de son époque. Il était bien difficile, il y a un siècle à Paris, pour une femme singulière de trouver une position sociale. Certes elle avait commencé à être reconnue ; lors de son internement en 1913, elle fut même un peu défendue. La Grande Guerre vint. Elle mourut pendant la suivante, enfermée depuis trente ans.

Evénement(s) lié(s)

Exposition Camille Claudel Présentation de 22 œuvres de la collection du musée Rodin

Journée d'études à l'auditorium du musée Rodin

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