Le mot vampire entre dans la langue française dès 1732. Et pareillement dans la langue anglaise où il est aussitôt intégré dans le vocabulaire politique. Voltaire, très vite, traite desuceurs de sang , les agioteurs, les spéculateurs, les seigneurs surtout quand ils sont ecclésiastiques. Un Gilles de Rais pourra être rapproché des vampires par le grand écrivain français Huysmans parce que dans son fief de Tiffauges, il se comporte en despote.

Vlad Tepes sur une gravure de Markus Ayrer de 1499
Vlad Tepes sur une gravure de Markus Ayrer de 1499 © domaine public

Cependant, en 1897, à la même époque très fin de siècle où écrit Huysmans, c’est dans les Carpathes que l’irlandais Bram Stoker installe le siège du vampirisme. Il en fait même un trône. Son personnage, de simple Comte Vampire qu’il était dans un premier temps, devient Prince Dracula. Peu à peu, ses couleurs propres – le rouge sang en particulier - sont rehaussées par celles qu’avait prises dans les chroniques un souverain de la région, de haute réputation au XVe siècle. Vlad l’empaleur avait régné sur la Valachie après 1456, de façon intermittente, une fois, deux fois, trois fois : être prince dans cette région minée n’était pas chose aisée, entre les Turcs qui venaient de prendre Constantinople et la Hongrie appelée bien malgré elle à une perpétuelle croisade. Seul contre tous, Vlad employa souvent des moyens d’exception que ses adversaires, quand ils purent enfin disposer de lui, présentèrent comme autant d’excès, d’inconstances voire de trahisons dignes de Néron.

Le vampirisme met en mouvement tant de nos désirs et de nos peurs qu’il aurait pu se passer des Carpathes mais il faut reconnaître à Vlad, entre autres mérites, de lui donner un accent encore plus étrange.

►►► I Retrouvez notre dossier de 2012 sur le même sujet : Tous mordus !

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