La perte de l'Alsace-Lorraine par Emmanuel Benner - 1885
La perte de l'Alsace-Lorraine par Emmanuel Benner - 1885 © domaine public

Aucun parlementaire alsacien, ni de droit ni de gauche, n’a voté la réforme régionale qui, regroupant l’Alsace non seulement avec la Lorraine mais avec Champagne-Ardenne, prévoit un élargissement de périmètre qui leur paraît inadmissible. A terme, c’est la spécificité et le droit local de l’Alsace-Moselle qui sont, selon eux, menacés : régime concordataire, assurances sociales etc… Ce droit local est issu de la période 1871-1918. Le souvenir de celle-ci revient en force actuellement lors des manifestations contre l’élargissement qui ont lieu de Strasbourg à Colmar en passant par Mulhouse. C’est le moment de reparler des circonstances qui ont imposé la cession de l’Alsace-Moselle.

Après la défaite de Sedan, la proclamation de la République, la chute de Metz, de puissantes levées d’hommes avaient permis de constituer plusieurs armées qui ont sauvé l’honneur et retardé l’échéance. Mais au sein du gouvernement provisoire, les partisans de l’armistice ont fini par l’emporter. Thiers disait : « paysans, citoyens, quelque courageux qu’ils soient, s’ils ne savent pas la guerre, ne peuvent être des soldats. »

L’armistice prévoit que la paix soit ensuite adoptée et garantie par une Assemblée Nationale qu’il faut élire. Le scrutin se tient le 8 février 1871 sous la surveillance des vainqueurs dans les 34 départements qu’ils occupent et, partout, dans un climat d’abattement et de fatalisme.

150 députés républicains seulement sont élus. Parmi eux, Edgar Quinet, Louis Blanc, Victor Hugo rentré d’un dernier exil. Les légitimistes, partisans de la restauration du comte de Chambord, sont plus nombreux et les orléanistes attachés aux principes de modération de la Monarchie de Juillet encore davantage. Thiers qui a survécu à tous les régimes est à son aise dans ce petit monde qui siège à Bordeaux. Il y prêche le pragmatisme : « la loi du nombre commande, soyons sérieux, faisons ce que nous pouvons plutôt que de rechercher en vain ce qui serait juste ».

Ce qui serait juste, c’est de refuser la cession de l’Alsace-Lorraine qu’est en est venu à exiger Bismarck. Mais avons-nous les moyens d’être justes ? A la question posée ainsi, comment peuvent répondre les députés d’Alsace-Lorraine sinon par un baroud d’honneur ?

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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