Winston Churchill
Winston Churchill © © Bettmann/CORBIS

Il comptait bien que l’histoire lui serait favorable puisqu’il avait pris le soin de l’écrire lui-même.

Après la seconde guerre, le pari est gagné. Il a cependant un regret : son père, Randolph, qui n’avait pas de considération pour lui, n’a pas connu son apothéose. Alors il imagine une scène.

Il est dans son manoir, en train de tenter de peindre lord Randolph lorsque celui-ci apparaît et s’assoit en face du chevalet.

Le père demande au fils des nouvelles du présent. Les conservateurs sont toujours au pouvoir, n’est-ce pas ? Non, ce sont les socialistes. Les socialistes ? Il n’y a pas eu de guerre, j’espère ? Si, deux, avec des dizaines de millions de morts. Le père se tasse sur son fauteuil. Et il lance : « Et je te vois là, à 70 ans passé, en train de barbouiller des tableaux qui ne se vendront pas. Je me demande bien pourquoi tu n’as pas fait de politique. Tu aurais au moins pu être utile à quelque chose. Et peut-être te faire un nom. »

Puis, raconte Winston, la figure du père a disparu. « J’avais laissé mon cigare s’éteindre et ses cendres recouvraient les couleurs de la toile ».

Ce texte date de 1947. Mais si la scène avait eu lieu en 1937 ? A l’époque, Winston peignait encore davantage, il était hors-jeu depuis longtemps, il écrivait à sa femme qu’il vivait certainement sa dernière décennie. Les Anglais ne le jugeaient pas comme un vrai homme d’état : trop imprévisible… Serait-il seulement resté comme un prophète ? Il s’était trompé tant de fois.

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