Panneau au Cap d'Agde
Panneau au Cap d'Agde © cc / Apparaiser

Naturisme-nudisme. Les mots sont à découvert, exposés à tous les vents de la confusion.

En France du moins, les naturistes, au départ, n’étaient pas nudistes. En revanche, les nudistes seront naturistes, au sens où ils s’imposent le programme de transformation personnelle voire sociale qui va avec le naturisme. C’est le renforcement des défenses du corps qui vaque à des exercices utiles dans un environnement d’eau, d’air et de soleil qui le desérotise : le nudisme n’est possible que grâce à ce paradoxe. Libre, le corps n’est plus soumis à des manifestations incontrôlables, il peut frayer socialement avec d’autres corps.

On se souvient du film Le Gendarme de Saint-Tropez . Dans les années 1960, c’est souvent dans le Var qu’ont débuté les polémiques sur le nudisme. Le naturisme y existait depuis longtemps. Dès avant la Première Guerre, si on cherche bien. Et très visiblement à Heliopolis sur l’île du Levant, au large d’Hyères, dans les années 1930 déjà. Les interrogations naissent dès lors qu’il y a agrégation de naturistes nombreux sur un lieu de loisirs.

Or, depuis l’après-guerre, c’est cette facette du mouvement qui l’emporte en France. Elle est le pays d’Europe qui compte le plus de camps naturistes, à tel point que nombre d’Allemands pourtant pionniers en la matière viennent y passer leurs congés. Le naturisme de vacances tend à perdre ses principes et ses militants et la prédiction du Gendarme de Saint-Tropez est en train de se réaliser : ce qui gagne du terrain un peu partout, jusque dans les citadelles naturistes, c’est le simple nudisme balnéaire.

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