La guerre d’Espagne a commencé par un coup d’état militaire d’extrême droite dirigé contre une république faible, désordonnée mais légitimement élue.

Lorsqu’on parle de la guerre présente en Syrie, revient systématiquement l’évocation de la guerre d’Espagne, comme si nous craignions de nous trouver, aujourd’hui comme en 1936 devant un conflit à valeur prémonitoire. Les origines des deux guerres sont pourtant bien différentes.

La guerre d’Espagne a commencé par un coup d’état militaire d’extrême droite dirigé contre une république faible, désordonnée mais légitimement élue. Ce n’est pas précisément l’image que donnait le régime des Assad à Damas. En Espagne comme en Syrie, une coalition passablement disparate tente de faire face à une puissance militaire supérieurement armée. Certes. Et elle fait appel à des volontaires venus d’un peu partout. Des jeunes gens, dans les deux cas, prêts à rompre avec leur monde, à partir à l’aventure, à mourir et que leurs familles voient parfois s’éloigner avec effroi.

Mais on ne sache pas que les motivations de ceux qui larguent les amarres aujourd’hui pour la Syrie ressemblent beaucoup à celles des jeunes de 36-37 qui, généralement pilotés par l’Internationale communiste, allaient combattre en face à face contre les fascistes…

L’histoire de ces 35 000 garçons –et parfois filles- issus d’une cinquantaine de pays d’origine est suffisamment complexe pour être étudiée en soi, sans trop de comparaisons qui faussent l’interprétation. Ils pensaient que c’était par leur action qu’ils laisseraient une trace et basta ! Depuis ont émergé de nouvelles archives, notamment en ex-URSS, et aussi de nouveaux chercheurs. La tutelle communiste qui s’exerçait sur l’interprétation de leur parcours est levée. L’histoire des Brigades internationales recommence.

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