Le théâtre n’est pas fait par des hommes qui seraient à part. Un peu de théâtre éloigne du monde. Beaucoup de théâtre rapproche du monde. Baudelaire prônait non seulement une critique partiale et passionnée mais une critique politique. Jean-Pierre Léonardini pense de même.

Le théâtre
Le théâtre © Getty / Marc Romanelli

Beaucoup d’entre nous ne vont pas au théâtre ou peut-être n’y sont jamais allés. Ce n’est pas demain que les salles s’empliront de foules résolument diverses. Mais rien n’est perdu, disait Vilar. Peut-être, un jour, l’instituteur y emmènera-t-il sa fille, l’employé sa sœur…

Il reste en tout cas quelques spectateurs assermentés qui rejoignent les salles au soir le soir.

On les nomme les critiques. Leur cas est-il désespéré ?

Jean-Pierre Léonardini voudrait ne pas le croire. Il pratique l’exercice depuis… Disons un demi-siècle. Sur son fauteuil, il s’agite pas mal, il croise et décroise les jambes mais si la représentation l’a touché et qu’il rédige un papier, il se tire par les cheveux pour être à la hauteur de ce qu’il a vu. Il tient beaucoup à la tenue de qu’il écrit. S’il y met une apparente désinvolture, elle est soigneusement préméditée. Un de ses livres précédents s’alarmait : « Sauve qui peut la langue ».

Un demi-siècle, ça pourrait laisser blasé

Mais un critique qui continue d’aimer son métier reste dans l’attente de l’étonnement tout en gardant la mémoire. Il est à la fois guetteur d’avenir et chasseur d’oubli. Il regarde le plateau et des images surgissent du palais de sa mémoire. Etat d’enfance et expérience de l’homme fait, c’est un double privilège.

Il faut dire enfin que le théâtre n’est pas fait par des hommes qui seraient à part. Un peu de théâtre éloigne du monde. Beaucoup de théâtre rapproche du monde. Baudelaire prônait non seulement une critique partiale et passionnée mais une critique politique. Jean-Pierre Léonardini pense de même.

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