En toute logique, un mot d'origine grecque, les grandes puissances européennes devraient mettre dans la colonne "crédit" ce qu'elles doivent à la Grèce : la meilleure part de notre vocabulaire politique, par exemple...

Napoleon Zervas, chef de la branche militaire de l'EDES (Ligue nationale démocratique grecque), entouré d'officiers
Napoleon Zervas, chef de la branche militaire de l'EDES (Ligue nationale démocratique grecque), entouré d'officiers © Cplakidas / Cplakidas

Dans la colonne "débit", elles pourraient inscrire leurs responsabilités dans la conduite et les suites de la Deuxième guerre. La Grèce est l’une des nations martyres du continent : 8% de sa population disparus entre 1941 et 1944... Et la guerre civile qui suivit, où Londres a sa part, continua de faucher les vies, laissant un paysage politique fossilisé : on a été d'un camp, on y reste assigné jusqu'au bout des temps. C'est seulement en 1962 que le gouvernement signifia la fin officielle de la guerre civile. Et, cinq ans plus tard, elle recommença avec le régime des colonels en 1967 !

On voit que la Grèce ne peut être considérée seulement au prisme de ses difficultés actuelles. Il faut aller de l'autre côté du miroir, à la recherche d'un passé difficile.

Quant à l'Europe, elle est fille du futur qu'elle ménagera au pays. La Grèce laissée à elle même et ne gardant que sa position géostratégique exceptionnelle, se trouverait, à l'extérieur, écartelée entre les appétits internationaux et, à l'intérieur, rendue à ses dangereuses passions. On ne sait ce qui se passerait après la fragmentation de la zone euro, on a déjà vu, en revanche, ce qui se passe quand éclate le peuple grec.

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