Le 22 mai 1973, apparaissait en kiosque cet objet politique inouï. Un directeur en titre qui était Jean-Paul Sartre. Un camp de base maoïste retranché qui préparait des embuscades dans la "France en lutte".

Hall d'entrée du quotidien Libération
Hall d'entrée du quotidien Libération © cc / Luc Legay

Un mode de production qui tenait du système D et de l'utopie pratiquée : refus d'un actionnariat privé, malédiction jetée contre la publicité, égalité des salaires. Libé 1 tint ainsi la mer jusqu'en 1981, tant bien que mal. Capitaine depuis 1974, Serge July aimait parfois laisser chauffer les mutineries : ce qu'il craignait surtout, c'était de perdre la rage de sa jeunesse.

Dans les groupes de fondation charismatique, vient le temps de l'institutionnalisation. Pour Libé 2, ce furent les années de la Mitterrandie. Le quotidien est chébran, comme disait le président. Ils sont -nous sommes- 200, 250000 à l'acheter. Impatients de voir comment les rédacteurs, les photographes, les graphistes vont rendre hommage aujourd'hui à l'évènement. Mais c'est aussi dans ses pages que s'effacent, à petites touches, les espérances que contenait encore hier la politique.

Libé, laboratoire des formes nouvelles et des illusions perdues...

lien séances parlementaires Jean Lebrun
lien séances parlementaires Jean Lebrun © Radio France
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