Mona Ozouf, historienne, 2009.
Mona Ozouf, historienne, 2009. © PHOTOPQR/OUEST FRANCE / CLAUDE STEFAN

Ses camarades d’école de Plouha – c’était dans un autre temps, au bord de la mer, dans les Côtes d’Armor… avaient noté que la couture répugnait à Mona Ozouf. Ou peut-être l’intimidait-elle. Et voilà qu’aujourd’hui, elle offre, de son propre aveu, un vertigineux « travail de crochet » où elle coud – c’est le vocabulaire qu’elle utilise- les nombreux livres et textes qu’elle a consacrés à notre pays. Ainsi est tissée une « suite française » qu’on peut apprécier des yeux et de la main : la France y paraît faite d’une même et unique étoffe mais moirée de dissemblances qui laissent rêveur.

A Saint-Brieuc, Louis Guilloux, l’auteur du « Sang noir », le protecteur de son adolescence, l’avait encouragée : « même sans écrire des romans, on peut écrire ». Son goût de la littérature l’a protégée des jugements univoques. L’histoire telle qu’elle la pratique répugne à construire des blocs idéologiques : dans le grand œuvre qu’elle publie aujourd’hui, les chemins qu’elle dessine à travers la France sont des plus divers et des plus inattendus.

Avec toujours la même curiosité pour la puissance des commencements et le même goût, de plus en plus mélancolique peut-être, pour la vieillesse des choses.

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