Il y a quatre-vingt ans, Paris élargit son espace au monde. Étonne le monde. Étalonne le monde, au long de trois cents pavillons qui s’échelonnent le long de la Seine.

Pavillons soviétiques et allemands de l'exposition de 1937
Pavillons soviétiques et allemands de l'exposition de 1937 © Getty / ullstein bild

Il y a quatre-vingt ans Paris élargit son espace au monde. Etonne le monde. Etalonne le monde, au long de trois cents pavillons qui s’échelonnent le long de la Seine.

Le principe de l’Expo est de montrer l’universalité de l’esprit humain à travers les arts et les techniques. Sont convoquées toutes les promesses de l’époque. Le pavillon des Métaux présente des meubles en nickel, celui des Temps nouveaux est confié à Le Corbusier, le pavillon de la radio abrite les premiers essais de télévision.

L’espace de l’Expo s’étend de la place de la Concorde à l’île aux Cygnes.

Le cœur en est le nouveau Palais de Chaillot, avec sa trouée géniale, son belvédère d’où on peut, le soir venu, admirer les jeux de lumière inouïs que permet dorénavant la fée électricité.

Un mât totalise le nombre de visiteurs. Les trains des congés payés font monter les provinces vers la capitale. En six mois, on totalisera plus de trente millions de visiteurs. Dans cette atmosphère de fête, on en oublierait presque la démission du gouvernement du Front populaire, peu de jours après le début de l’Expo.

On en parle assez peu : dans le pavillon de la République espagnole, est exposé Guernica. On en parle beaucoup parce qu’on ne voit qu’eux depuis la trouée de Chaillot : de part et d’autre de la Tour Eiffel, se font face les deux plus grands pavillons - à gauche le nazi, à droite le soviétique. Encore deux ans à peine, ce sera le pacte germano-soviétique, la guerre et Paris le soir sera plongé dans le black-out. Quant aux promesses de 37, elles attendront, avant d’être tenues, beaucoup plus longtemps que prévu.

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