Après guerre, une douzaine d'années ont suffi à faire d'un exilé roumain complètement inconnu une personnalité considérable du théâtre en Europe occidentale et en Amérique. Encore un peu de temps et l'auteur planétaire est joué à la Comédie française par Chaumette et Duchaussoy et au TNP par Jean Carmet. En 1971, il entre sans coup férir à l'Académie.

Eugène Ionesco en 1987
Eugène Ionesco en 1987 © MAXPPP

Seulement, Ionesco est aussi un roumain. Il appartenait dans son pays à une génération d'intellectuels sans pareille. Mais la Roumanie qu'il connut, c'était la nef des fous qui passait de Charybde en Scylla, du fascisme au stalinisme.

Ionesco, c'était pourtant encore Ionescu. Un auteur, comme une pièce, ce n'est pas ceci ou cela, c'est ceci et cela. Situation difficile. Les hommes vivants n'arrivent déjà pas à communiquer ensemble. Comment Ionesco pourrait-il échanger avec Ionescu ?

Cependant l'unité peut toujours se faire par l'absurde. Ainsi le syndrome de la génialité française avait touché le Bucarest d'avant guerre et la folie totalitaire qui l'avait submergée baignait toujours le Paris d'après-guerre... Que le non-sens gagne partout, le sens du théâtre de Ionesco-Ionescu s'en trouvait justifié.

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