Aller à la crevette, retourner à la crevette. A l’heure, parfois, des pêcheurs du Guilvinec mais pas de la même façon. Non, dans une usine de froid. Il n’y a pas que la crevette, d’ailleurs. La langoustine aussi et le crabe, la langouste à Noël et le bulot, le plus con des coquillages.

Usine de transformation de poissons à Lorient en 2001
Usine de transformation de poissons à Lorient en 2001 © Getty / Frederic REGLAIN

Puis aller de l’odeur de mort de coquillage à l’abattoir. Le travail dans la viande, cette fois. Nous sommes dans l’agroalimentaire breton.

Joseph Ponthus qui est éducateur de profession n’imaginait pas y travailler. Mais il a épousé une femme de la région. Ils vivent dans une maison non loin de la mer. Le jardin est plein d’hortensias. Il faut bien gagner un peu d’argent pour entretenir l’amour. 

Joseph Ponthus va donc être intérimaire dans l’agro-alimentaire. Il ne part pas pour faire un reportage ni pour faire la révolution. C’est une période de transition. En attendant un vrai travail, se dit-il. Mais le travail à l’usine n’en est pas un faux. Certes pas. C’est même très dur. Cependant, il faut occuper la place qui est celle du moment. Avec dignité.  En gardant dans la tête les noms, les mots, les chants qui font tenir debout.

Luttant contre la fatigue, Jospeh Ponthus a rédigé ses feuillets d’usine qui paraissent aux éditions de la Table Ronde. Il n’y a plus beaucoup de livres ouvriers. Celui-ci a une force peu commune et reçoit d’ailleurs un écho qui rassure sur l’époque.

Bibliographie : 

A la ligne : Feuillets d'usine de Joseph Ponthus (La table ronde, 2019)

Nous... la cité de Joseph Ponthus (ouvrage collectif, paru chez La Découverte, 2012)

La journal d'un manœuvre de Thierry Metz (Gallimard, 1990)

La condition ouvrière de Simone Weil 

Programmation musicale :

"Le sang des bêtes" - Georges Franju (1948)

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