C’est l’été 1918 que la situation s’était retournée pour l’armée allemande. A l’automne, elle était devenue catastrophique. L’état-major a alors tenté de se dédouaner en rendant aux civils le pouvoir discrétionnaire qu’il avait exercé jusque-là.

Spartakistes devant la Porte de Brandebourg à Berlin en novembre 1918
Spartakistes devant la Porte de Brandebourg à Berlin en novembre 1918 © Getty / ullstein bild Dtl.

C’est l’été 1918 que la situation s’était retournée pour l’armée allemande. À l’automne, elle était devenue catastrophique. L’état-major a alors tenté de se dédouaner en rendant aux civils le pouvoir discrétionnaire qu’il avait exercé jusque-là.

C’est ainsi que le prince Max de Bade devient chancelier en octobre. Les dirigeants sociaux-démocrates du SPD se tiennent à ses côtés. Ils ont voté les crédits de guerre en 1914, une fois l’échec consommé, ils restent dans l’unité nationale. Les chefs militaires sont bien aise de déléguer aux hommes politiques la négociation de l’armistice. Quand on leur parlera de défaite, ils répondront : « Quelle défaite ? »

Cependant, les conditions de paix s’annonçant dures, l’’Amirauté décide d’un baroud d’honneur avec une sortie spectaculaire de ses navires à Kiel. Les marins se mutinent et font flotter le drapeau rouge. Nombre d’entre eux se disséminent dans le pays pour rejoindre les leurs. Le mouvement fait tâche d’huile. Une révolution commence en Allemagne dont le Kaiser a été poussé à l’abdication. On peut soutenir qu’elle pèse sur les décisions de l’état-major allié. Le maréchal Foch aurait souhaité pousser l’avantage en pénétrant dans le territoire allemand mais la prudence politique pousse à ne pas attiser le désordre.

La révolution ne se déroulera pas selon le schéma à la russe que souhaitait l’extrême gauche : les sociaux-démocrates ne seront finalement pas balayés par leurs adversaires, les spartakistes. Si bien que beaucoup en Allemagne pourront dire : « Une révolution ? Mais quelle révolution ? ». De même qu’ils avaient pu dire : « Une défaite ? Mais quelle défaite ? »

Programmation musicale : Requiem de Berlin de Kurt Weill / Die rote Rosa.

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