« La peste ou le choléra ? » La première n’était pas oubliée mais les autorités, tant médicales qu’administratives, savaient depuis la fin des années 1810 qu’un nouveau danger de pandémie couvait en Asie et pouvait survenir en Europe : le choléra. Broussais, le maître du Val de Grâce, voyait partout des gastro-entérites. Là, c’en était une, sérieuse. Déjections par le haut et par le bas, crampes nerveuses, grand abattement et le visage qui changeait de couleur…

Dès la fin de 1830, on sent la menace approcher. Le ministre de l’Intérieur Casimir Périer, précautionneux, prend en 1831 des dispositions qui semblent tout prévoir comme sur du papier à musique.

Bas-relief de l'épidémie de choléra de 1832 à Paris : Sépulture Pailloux-Haumontré, Saint-Ambreuil, Saône-et-Loire
Bas-relief de l'épidémie de choléra de 1832 à Paris : Sépulture Pailloux-Haumontré, Saint-Ambreuil, Saône-et-Loire © domaine public / Tangopaso

En mars 1832, les Parisiens s’en moquent encore. Dans les rues, les enfants jouent au « choléra morbus ». Michelet écrit sans désemparer, il est pris d’une légère fièvre mais c’est celle qui accompagne les débuts de la rédaction de son « Histoire de France ». A la mi-carême, beaucoup de masques figurent des mines défaites ou bleues, pour railler la maladie.

Et soudain, dit le récit commun qui ressemble à s’y méprendre à celui du Moyen Âge, « le plus sémillant des danseurs de mi-carême ressent un grand froid dans les jambes, il défaille, il enlève son masque et révèle un visage qui est devenu bleu violet. »

Vient le temps de « la peur bleue ». Et des morts. Il y en aura cent mille en France. Au premier rang desquels, le vigilant Casimir Périer.

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