Paradoxalement, cette année 2018, on commémore et la fin du premier conflit mondial et le début, en 1618, d’une guerre qui finit par concerner toutes les puissances d’Europe : née d’un conflit institutionnel dans le Saint Empire romain germanique, elle a pris de suite une tournure religieuse qui empêchait sa fin.

Le siège de Magdebourg en 1631
Le siège de Magdebourg en 1631 © Getty / Heritage Images

Le 24 octobre 1648, sont signés les traités de Westphalie. « Une paix bienvenue, fruit chèrement acquis de trente années d’une guerre débordante de misères » écrira le poète Schiller. Une guerre interminable, un labyrinthe de cruautés… Les Allemands, qui en furent les principales victimes, la considérèrent longtemps comme… la Grande Guerre.

Paradoxalement, cette année 2018, on commémore et la fin du premier conflit mondial et le début, en 1618, d’une guerre qui finit par concerner toutes les puissances d’Europe : née d’un conflit institutionnel dans le Saint Empire romain germanique, elle a pris de suite une tournure religieuse qui empêchait sa fin ; tour à tour s’y sont engagés les Danois, les Suédois, les Français, les Espagnols. Les seuls à rester à l’écart furent les Russes et les Ottomans.

La paix de Westphalie en 1648 constitue une date capitale dans l’Histoire de l’Europe. Il fallut, pour y aboutir, d’interminables conciliabules, les uns dans une ville catholique, Munster, les autres dans une ville protestante, Osnabrück. C’était une paix de religion qui transforma profondément le Saint Empire : ses souverains pouvaient choisir leur religion mais leurs sujets n’étaient plus obligés d’appartenir à la même religion qu’eux. Ce fut une paix territoriale : la France y gagna par exemple l’Alsace. Ce fut une paix internationale. On a souvent dit qu’après 1648, la guerre était enfin clairement définie : elle était de l’unique responsabilité des États qui seuls pouvaient la déclarer à d’autres États.

Un équilibre naquit pour longtemps, où le Saint Empire qui avait perdu une proportion énorme de sa population, gardait un rôle de régulateur. La République fédérale d’Allemagne s’inspira de son modèle. Est-il besoin de rappeler que la Prusse d’abord puis le IIIème Reich l’avaient considéré au contraire comme un repoussoir ? Dans l’histoire de l’Europe, les traités de Westphalie ont  été détestés autant qu’ils ont été salués.

Série documentaire-fiction "La guerre de Trente ans 1618-1648 : l'Europe à feu et à sang" sur Arte

Programmation musicale : Chanson de la Mère courage, de Germaine Montero (1953)

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