Rediffusion du 14/12/2012

L'histoire de la mémoire est matière complexe, surtout quand il s'agit de celle du génocide des juifs, qu'on désigna au bout d'un moment seulement sous le nom d'Auschwitz puis, progressivement, sous le nom de Shoah.

"La Shoah en Roumanie", aquarelle d'Ioana Olteş pour les poèmes tragiques de Solomon Moscovic - 1949
"La Shoah en Roumanie", aquarelle d'Ioana Olteş pour les poèmes tragiques de Solomon Moscovic - 1949 © domaine public / Ioana Olteş

Il faudrait considérer la construction de cette mémoire année par année, tenir compte de l'effet générationnel, parcourir les deux versants, juif mais aussi non-juif, d'un gigantesque massif de textes, de pièces, de films.

Les réflexions des intellectuels sont venues aussitôt après la libération des camps, lesquels sont entrés très vite dans l'espace public de la commémoration : le Mémorial juif de Paris précède dans sa conception Yad Vashem à Jérusalem ! Dans les années 1950, la question surgit dans la fiction : un Prix Goncourt sur quatre en traite. Le succès des "Bienveillantes" de Littell n'est pas le premier !

Les dispositifs de mémoire qui deviennent dominants après la guerre des six jours de 1967 et qui sont officialisés par les déclarations de Jacques Chirac et de l'épiscopat en 1995-1997 ont quelque peu barré la vue sur ce qui s'était déjà dit en amont. Les Français auraient-ils oublié qu'ils n'avaient pas oublié ?

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