Le commencement c’était Rodez et l’Aveyron. Pas tellement le Rodez des artisans et des boutiquiers. Dans le magasin d’articles de pêche et de chasse que tenait sa mère, ce qu’il préférait, c’étaient… les braconniers. Errant dans les Causses, le petit Pierre cherchait déjà les chemins de la liberté ...

Une salle du musée Soulages, consacré à Pierre Soulages, à Rodez
Une salle du musée Soulages, consacré à Pierre Soulages, à Rodez © Getty / Jean-Marc CHARLES

Soulages a cent ans ce 24 décembre. Et il dit qu’il trouve toujours plaisir à peindre.

Quel que soit son âge, il a toujours cherché à se mettre en état de commencement.

Le commencement c’était Rodez et l’Aveyron. Pas tellement le Rodez des artisans et des boutiquiers. Dans le magasin d’articles de pêche et de chasse que tenait sa mère, ce qu’il préférait, c’étaient… les braconniers. Pêchant dans les lacs, errant dans les Causses, le petit Pierre cherchait déjà  les chemins de la liberté.

Rejoindre les écoles des Beaux-Arts était un moyen d’échapper à la vie tracée. Mais les écoles apprenaient le « métier » et Soulages ne s’intéressait nullement à l’habileté, encore moins à la virtuosité . Un tableau n’est pas pour lui une représentation mais la présentation, sur un champ de forces, de ce qui se fait et qu’il faut laisser faire.

Enfant il avait été plusieurs fois à  Conques, il avait détesté entendre de son professeur que l’es architectes et les sculpteurs de l’abbatiale avaient été maladroits. Il ne voyait nulle maladresse à Conques mais une œuvre qui le touchait dans le silence. 

C’est une visite à Conques à l’âge de douze ans qui décida de sa vocation de peintre. C’est son retour dans l’abbatiale où commande de nouveaux vitraux lui fut passée en 1986 qui décida de son retour à Rodez .

Sans Conques, il n’aurait peut-être pas accepté la proposition d’un musée à Rodez -  à lui dédié et en même temps ouvert à l’art contemporain. Ce musée a ouvert il y a cinq ans. Et non loin, on peut toujours voir au Musée Fenaille les statues-menhirs qui ont tant frappé Soulages enfant : des hommes inconnus avaient marqué dans la pierre des lignes qu’il avait eu envie de suivre.

Bibliographie

  • Bernard Ceysson: Soulages, Flammarion, 1996
  • Michel Ragon: Les ateliers de Soulages, Albin Michel, 2004
  • Pierre Encrevé: Soulages, Gallimard, 2007 et "Peintures, 1946-2006, Le Seuil
  • Pierre Daix et  James Johnson Sweeney: L’œuvre, 1947-1990, Ides et calendes, 1991
  • Jean-Michel Le Lannou : Pierre Soulages, la plénitude du visible, PUF, 2001

Aller plus loin

Musée Soulages, à Rodez 

Exposition "Soulages au Louvre" du 11 Décembre 2019 au 9 Mars 2020

"Un week-end avec Pierre Soulages" le 10, 11 et 12 janvier 2020, à l'auditorium du Louvre

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