L’effondrement, en 1917-1918, des grands empires dynastiques a ouvert des gouffres béants. En janvier 1919, il y a cent ans, s’ouvre la conférence de paix à Versailles.

Cavaliers polonais à la frontière lithuanienne en février 1919
Cavaliers polonais à la frontière lithuanienne en février 1919 © Getty / Keystone-France

L’effondrement, en 1917-1918, des grands empires dynastiques a ouvert des gouffres béants. En janvier 1919, il y a cent ans, s’ouvre la conférence de paix à Versailles. Avant que ne soit mise au point l’organisation des états successeurs, les nationalismes rivaux jaugent leurs pouvoirs respectifs  tandis que l’internationalisme prolétarien inspiré par la révolution bolchevique gagne de nombreuses régions d’Europe. Les Alliés veulent maintenir des rapports de force favorables sur le terrain. Ils savent aussi qu’il ne leur suffira pas de dicter la paix, il leur faudra la faire appliquer. L’heure n’est donc pas à la démobilisation rapide qu’avaient espérée les troupes.

De nombreux soldats  qui croyaient à la fin de partie doivent jouer les prolongations. Et si, au final, ils rentrent, il faut assurer la relève : les Français, pour cela, ont à leur disposition les tirailleurs sénégalais et malgaches qui vont ainsi se retrouver propulsés jusqu’aux confins de l’Europe.

Nouvelles zones d’opérations, beaucoup d’entre elles étant maritimes, de la Baltique à la Mer noire. Nouveaux types de mission. Ainsi l’assistance aux armées nationales des pays successeurs – la mission militaire française en Pologne, par exemple. Ainsi les opérations humanitaires : les bateaux au large de Sébastopol et d’Odessa  appuyèrent l’évacuation, au printemps 1919, de dizaines de milliers de civils qu’il fallait protéger des bolcheviks.

Mais la Mer Noire appartient aussi au légendaire communiste puisque, pendant le même printemps 1919, s’y produisirent des mutineries de marins dont on ne sait toujours pas dire si elles relèvent de la lassitude d’une guerre sans fin ou de l’espérance de temps nouveaux.

Décidément, la Grande Guerre est plus que la Grande Guerre.

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Bibliographie

Catalogue d'exposition À l'Est la guerre sans fin, 1918–1923 (Gallimard).

Les Européens et la guerre de Isabelle Davion, Frédéric Dessberg et Christian Malis (Publications de la Sorbonne).

Penser le système international XIXe-XXIe siècles de Eric Bussière, Isabelle Davion, Stanislas Jeannesson (PU Paris-Sorbonne).

La Pologne et l'Europe. Du partage à l'élargissement (XVIIIe-XXIe siècles) de Isabelle Davion, Jerzy Kloczowski, Georges-Henri Soutou - Collectif (PU Paris Sorbonne).

Cavalerie rouge de Isaac Babel (Gallimard).

La marine et la Mer Noire 1918-1919 de Philippe Masson (Publications de la Sorbonne).

Film Capitaine Conan de Bertrand Tavernier.

La Maison de l'Europe et l'Hôtel National des Invalides accueillent le colloque international "Les Traités de paix (1918-1923) : la paix les uns contre les autres" organisé par Isabelle Davion et Stanislas Jeannesson du 21 au 23 mars 2019

Les invités
  • Isabelle DavionMaître de conférences en histoire contemporaine des pays germaniques et de l'Europe à l'université Paris-Sorbonne
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